Je suis cette « maman continuum »…

Mon petit papillon a 10 mois dans 2 jours, déjà ! J’ai passé des premiers mois très difficiles. J’en ai d’ailleurs beaucoup parlé sur le blog (Celle qui s’invite après la naissanceSOS d’une maman en détresse). Dès qu’il est sorti, j’ai tout de suite su que ça serait pareil… il a longuement pleuré, des cris particuliers que seul mon contact et le sein ont réussi à calmer.

Et je me suis dit : ENCORE UN ! non pas encore un bébé, mais plutôt encore un « bébé différent ».

naissancebis Je suis alors tout naturellement (re)devenue cette « maman continuum ».

Le maternage proximal

Je suis passée du côté obscur, celui du maternage dit « proximal » à la naissance de Mini (mon deuxième), il y a 5 ans. C’est lui qui a ouvert la porte tout en me guidant et qui m’a poussée à devenir cette « maman différente ». Je dis « différente » car quand tu passes le pas de la porte, tu deviens cette maman étrange, bizarre pour la plupart, une espèce assez rare. Les gens pensent que tu es devenue une sorte d’esclave de ton bébé ou que tu ne sais vraiment pas t’y prendre avec lui.

Le maternage proximal c’est cette philosophie de vie qui consiste à répondre au mieux aux besoins de l’enfant afin de créer un lien très fort entre le bébé et ses parents. Généralement cela commence par l’envie d’accoucher naturellement puis un allaitement long et à la demande, le portage intensif mais aussi le cododo, l’hygiène naturelle infantile (HNI), la diversification menée par l’enfant (la DME), l’éducation non-violente ou encore l’utilisation de couches lavables. Parmi ces pratiques, les seules qui ne m’ont pas attirée sont l’HNI et la DME, et oui je ne suis pas une vraie de vraie, une adepte 100% !

Le concept du continuum

La lecture du livre de Jean Liedloff, « Le Concept du Continuum : à la recherche du bonheur perdu » m’a permis de mieux comprendre cette transformation en « maman continuum ».

« L’auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu’à ce que l’enfant s’en détache tout seul de manière confiante » (source Wikipédia)

J’ai compris beaucoup de choses en lisant ce livre et notamment le besoin du bébé d’être au contact permanent de sa mère dès la naissance et pendant les quelques mois qui suivent.

Selon l’auteur, nous utilisons trop notre intellect lors des premiers mois de vie de l’enfant. Nous écoutons les conseils des uns et des autres plutôt que de se fier à notre instinct de mère (lorsque bébé pleure par exemple). Le continuum n’est donc pas respecté ce qui empêcherait un développement physique, mental et émotionnel optimal.

Sa théorie se base sur son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus dont les membres étaient particulièrement joyeux, calmes et épanouis. En les observant, elle remarqua que les bébés de ces tribus étaient en contact physique constant avec leur mère : ils dorment dans le lit des parents, ils sont allaités à la demande dès les moindres signaux corporels, ils sont constamment portés dans les bras (ce qui leur permet d’observer, d’être nourri ou encore de dormir) pendant que leurs mères vaquent à leurs occupations et ce jusqu’à ce que les bébés commencent à ramper (vers 6/8 mois) et qu’ils ressentent le besoin de partir à la découverte du monde.

Suivre son instinct…

Ne connaissant pas ce concept avant, je me rends compte que je l’ai appliqué sans le savoir, en suivant surtout mon instinct mais aussi parce que je n’ai pas vraiment eu le choix de faire autrement.

Mon deuxième et mon petit dernier se ressemblent beaucoup. A la naissance de mon petit dernier, j’ai eu l’impression de faire un bon de 5 ans en arrière ! Et j’ai flippé car je savais que ça allait être très difficile.

Des bébés que l’on ne peut absolument pas poser dans un berceau, qui dorment 5 minutes chrono quand on les pose puis qui hurlent à la mort. Le transat ? pourquoi faire ? Pas moyen non plus d’aller faire une petite promenade en poussette (je l’ai revendue d’ailleurs ma poussette de luxe que je m’étais offerte en espérant très fort qu’il ne soit pas comme son frère…tu peux toujours rêver !), j’ai persévéré pourtant en tentant de l’habituer en faisant le tour de la maison mais je pense que les voisins ont dû croire que je le torturais tellement il hurlait ! La voiture, je n’en parle même pas ! En gros je passe 6 mois sans sortir de chez moi.

IMG_8677

Mes bébés, je les porte à bras, en écharpe, non-stop, jour et nuit, à chaque sieste. Je leur donne le sein à volonté car c’est souvent le seul moyen de les apaiser. J’ai pensé à des bébés RGO, à des BABI (des bébés aux besoins intenses) mais à la lecture de ce livre, la théorie peut tout aussi bien être le fait que ces bébés ont besoin plus que les autres d’être dans le continuum. Peu importe la raison, mes enfants m’ont envoyé des signaux que je n’ai pas pu ignorer et qui m’ont reconnectée avec mon instinct le plus profond. J’ai donné sans compter. Je me devais d’être là, présente, de les entourer, les cajoler, les bercer, les porter sans répit. Pendant tous ces mois, mes enfants voient le monde à travers moi. Avec ces bébés différents, tu ne peux pas écouter les conseils des autres qui te paraissent complètement absurdes, tu ne peux pas t’appuyer sur des livres. Il ne te reste donc plus qu’à suivre ton instinct de mère, à te faire confiance et à leur faire confiance pour te guider sur le bon chemin, enfin sur leur chemin.

Dans notre société actuelle, cela n’est pas évident, ni sans conséquences. Comment faire pour être une « maman continuum » sans s’épuiser ? Nous ne vivons pas en tribu, nous retournons au travail quelques mois après l’accouchement…Ces longs mois que je passe en fusion avec mes bébés ont des répercussions sur la famille. Je laisse peu de place, je suis trop accaparée par les besoins intenses à combler et quelque-part j’en souffre autant qu’eux. La fatigue prend rapidement le dessus et me rend irritable au point d’oublier mes principes d’éducation bienveillante à certains moments. Heureusement j’ai rouvert les portes de la bienveillance il y a peu. Avec mon petit dernier, j’ai passé 6 mois à la maison, 6 mois de chute libre, de hauts et de bas (mais plus de bas que de hauts), la sensation d’étouffer, de ne plus exister, de ne plus vivre, une perte de poids importante, un corps qui dit STOP !

11351186_1847437838815146_2222827055488697484_n

Et puis un jour tes bras sont libres, tu peux à nouveau manger à table avec les autres membres de ta famille, tu peux prendre une douche qui dure plus de 2 minutes, tu peux t’asseoir et l’observer.

Et puis un jour, ton bébé s’endort dans la voiture en rentrant de chez la nounou, toi tu continues à rouler pour ne pas le réveiller.

Et puis un jour, tu décides de retenter la poussette et il accepte enfin d’être posé dedans, regarde le paysage et s’endort, là comme ça sans rien faire.

Et puis un jour, ton bébé te lâche. Il se met à ramper, fait l’expérience de se tenir debout, de faire des pas, d’avancer en se tenant à un trotteur avec une assurance impressionnante. Il part explorer le monde, à l’aventure, fait des découvertes.

Ces jours, je les ai attendu pendant 9 mois, 9 mois de continuum, 9 mois de maternage intensif, 9 mois d’épuisement. Malgré tout, j’aime être cette « maman continuum », ce n’est ni mieux ni moins bien qu’une autre maman, c’est juste ma façon d’être et de réagir face aux besoins de mes enfants. Et puis finalement je pense que je ne sais pas faire autrement.

Je suis cette « maman continuum » mais je suis aussi cette maman épuisée…

12512781_471528793055352_6768389742740079662_n

Et parfois j’aimerais juste savoir être MAMAN tout court…

 

 

 

3 réflexions sur “Je suis cette « maman continuum »…

  1. Bravo pour cette énergie!! ce texte résonne fort pour moi, je n’ai qu’un seul enfant mais le vécu est ressemblant, alors j’imagine le degrés d’épuisement avec les autres enfants et leurs besoins à combler… alors vraiment bravo! c’est chouette d’avoir tenu le coup, ça va vous aider à vite retrouver votre énergie!
    je n’ai pas eu assez d’énergie pour l’HNI mais par contre je recommande +++ la DME pour celles à qui il reste de l’énergie 🙂
    je vous souhaite d’arriver à prendre du temps pour vous progressivement pour vous requinquer et profiter de vos enfants!

    J'aime

    • Merci pour votre message 🙂 et oui il en faut de l’énergie pour tout mener de front ! je regrette de ne pas avoir tenté la DME j’avoue mais c’est assez compliqué quand l’enfant est chez une nounou et puis je suis une flippée des fausses-route même si j’imagine que les enfants gèrent très bien ! Nous venons de passer deux jours en tête à tête avec mon homme en début de semaine dernière (cela faisait des années !!!) et j’avoue que ça m’a fait un bien fou de ne penser qu’à moi, qu’à nous (même si ce n’était pas évident de laisser les enfants !). A refaire donc !

      J'aime

  2. Pingback: {Coup de ♥} Matern’Emoi : des accessoires chics et pratiques pour materner et porter bébé en toute sécurité | Ma Vie de Special Mother

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s