Cette mère que je ne suis pas

En début de semaine, je voyais passer ce post sur mon fil d’actualité :

« Je m’appelle Marie, Mélie ou Paul. J’ai 6 mois, 1 an ou 2 ans.

Ma maman a 30 ans. Le soir, elle se couche avec papa. Elle est si bien réconfortée par son odeur et le son de sa respiration. Lorsque papa est absent, elle met beaucoup de temps à s’endormir et son sommeil est agité. Avant de s’endormir, elle se fait un bol de lait chaud. Même à son âge, elle trouve ça si agréable de boire son bol de lait avant d’aller au lit. La nuit, elle a un grand verre d’eau près de son lit qu’elle boit au besoin. Maman a souvent soif la nuit. Le soir, je dois maintenant m’endormir seul dans ma chambre parce qu’un professionnel de la santé a dit à mes parents qu’à mon âge, je devais dormir seul. Il a aussi dit que je devais m’endormir sans aide. Le soir, mes parents me couchent dans mon lit et attendent que je m’endorme seul. J’ai si peur, moi qui hier était bercé dans les doux bras de papa jusqu’à l’endormissement. La nuit, je me réveille. J’ai soif mais je ne peux plus boire de lait. On leur a aussi dit qu’un bébé de mon âge n’avait plus besoin de boire la nuit. Ce professionnel de la santé qui a donné ces conseils à mes parents, je me demande bien s’il se lève pour boire parfois la nuit et s’il parvient à bien dormir lorsque la personne qui partage sa vie n’est pas à côté de lui lorsqu’il dort? Il faudrait lui demander. Pourquoi est-ce qu’on exige plus de moi alors que je suis encore si petit? »

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En début de semaine, ce post résonnait très fort en moi. Chaque fois que je vois ma pédiatre, elle me dit qu’il faut que mon Petit Papillon apprenne à s’endormir seul et qu’il ne faut pas que j’intervienne la nuit, évidemment je ne l’écoute jamais.

Ma devise : « Je suis maman le jour et la nuit aussi. »

Hier, je détestais ce post. Une nuit trop courte, beaucoup de réveils, beaucoup de pleurs, des heures de bercement, une fatigue accumulée depuis 14 mois. Hier j’avais la tête en vrac, les cheveux en bataille, les cernes sous les yeux, la tête d’une maman TROP fatiguée par de TROP nombreux réveils. Hier je trouvais ce post culpabilisant, et pourtant ! c’est ce que je fais, je me lève la nuit, je réponds aux besoins de mes enfants, je l’allaite, je le berce jusqu’à en avoir des crampes dans les bras…alors pourquoi ? parce que c’est ce genre de message qui me pousse à être ce genre de maman, celle qui doit à tout prix donner le meilleur, être au top, répondre à tous les besoins de son enfant, ne pas le laisser pleurer, être là coûte que coûte même quand ça me coûte, être à l’écoute, donner, donner, donner parce que c’est BIEN.

Sauf que j’en ai marre de toujours vouloir être CETTE maman qui s’épuise à vouloir atteindre la perfection. Parfois j’ai envie d’être CETTE mère qui ne culpabilise pas…

de laisser son nouveau-né à la pouponnière après un accouchement intensif pour récupérer de ses efforts et être en forme pour s’en occuper le lendemain,

de donner un bib’ parce que c’est tellement plus simple à gérer, parce que tout le monde peut donner un bib’ ! Surtout la nuit, le Papa peut prendre le relais pour qu’elle se repose afin d’être efficace le lendemain et s’occuper de son bébé, de la maison, du ménage, du repas, des autres enfants,

de prévoir un petit dîner en amoureux au restaurant 1 mois après avoir accouché, pour que son couple se retrouve, pendant que les grand-parents gardent pour la première fois ce petit bout de chou,

de donner une tétine à son bébé pour qu’il s’apaise seul, qu’il sache s’endormir seul,

de laisser pleurer son bébé parce que la nuit, NON, elle ne se lèvera pas. Passé 3 mois, son bébé ne mangera plus la nuit car un bébé à cet âge-là n’en a plus besoin, il doit dormir, c’est tout et il faut lui apprendre,

CELLE qui écoute son pédiatre, ses conseils et ses « votre bébé doit faire ceci et cela, il fait des caprices, laissez-le pleurer, vous connaissez la méthode du 5-10-15 ? »

et généralement le bébé de cette maman sait s’endormir seul, dans son lit avec sa sucette, il contemple le plafond ou le mobile au-dessus de sa tête qui l’occupe pendant de longues minutes avant de fermer ses petits yeux lentement, doucement, paisiblement, pour sombrer dans un profond sommeil, la journée il joue tranquillement, allongé sur le dos, ou dans son transat où il observe, se détend, plus tard, installé sur une petite couverture il restera, là où on l’aura posé, entouré de ses jouets préférés, qu’il touchera un à un, dans un sens puis dans un autre, ce bébé dort la nuit de 20h à 8h du mat’ puis enchaîne une petite sieste d’une heure le matin et de 3 heures l’après-midi, sa maman peut faire la sieste pendant qu’il dort, puis faire de longues balades en poussette pour prendre l’air et se ressourcer, ce bébé elle peut le trimbaler de partout, il s’adapte, dort n’importe où, même à côté de la sono,

ce bébé qui ne dérange jamais ces parents…

J’ai toujours rêvé d’avoir ce bébé MAIS je ne suis pas cette maman. Et si c’était elle qui avait raison, qui avait tout compris ?

Souvent je doute, surtout quand je manque de sommeil et que mon petit papillon m’a réveillé toutes les 2 heures pour boire son lait chaud ou pour se blottir contre moi.

Ce matin je l’aime à nouveau ce texte car sans rien changé, en continuant d’accompagner mon Petit Papillon la nuit, en le faisait téter pour qu’il s’endorme, il a dormi toute sa nuit et à cette heure-ci il dort encore. Il va même falloir que j’aille le réveiller…Alors peut-être qu’hier il avait mal au ventre, aux dents, à la tête, qu’il avait vraiment soif, soif de lait chaud, envie de m’avoir à ses côtés, je ne sais pas et je ne saurai jamais mais j’étais là, à ses côtés et je continuerai de l’être pour ne rien regretter mais…

Je prends petit à petit conscience qu’il faut que j’apprenne à prendre un peu soin de moi pour pouvoir prendre soin de lui au mieux mais aussi de mes autres enfants car une maman fatiguée ne donne rien de bon. Le cheminement a commencé…

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Lettre à mon grand fantastique, mon ado différent

Dans quelques jours, tu vas faire un grand pas ou plutôt un grand saut dans un monde encore inconnu : un lieu confiné avec des centaines d’ados en quête de reconnaissance.

Le collège tu nous en parles depuis plusieurs années, ton but ultime. Tu devrais déjà y être depuis 1 an mais nous n’avons pas su nous opposer au moment voulu. Cette année, tu nous l’as souvent répété : « je devrais être avec mes copains, en sixième ». Tu aurais tellement aimé être avec eux, pour te sentir moins seul. Maintenant, tu te demandes avec qui tu vas partager ces premiers moments, toutes ces premières fois car des copains tu en as de moins en moins, voire pas du tout. Je sais que tu te demandes qui va pouvoir te protéger des agressions des autres,

qui va venir à ton secours ?

Oui des agressions tu en auras,

oui des regards de travers tu en croiseras,

oui des moqueries tu en subiras,

oui des insultes tu en entendras,

et certainement que personne ne sera là pour t’empêcher d’exploser, de déverser toute ta colère accumulée, toute cette pression que tu finiras par relâcher mais pas de la bonne façon, pas comme les autres.

Non car tu n’es pas comme les autres,

non ils ne te comprendront pas,

non ils ne chercheront pas ta compagnie car tu es différent,

un ado différent,

Mon ado différent… Lire la suite

Je suis cette « maman continuum »…

Mon petit papillon a 10 mois dans 2 jours, déjà ! J’ai passé des premiers mois très difficiles. J’en ai d’ailleurs beaucoup parlé sur le blog (Celle qui s’invite après la naissanceSOS d’une maman en détresse). Dès qu’il est sorti, j’ai tout de suite su que ça serait pareil… il a longuement pleuré, des cris particuliers que seul mon contact et le sein ont réussi à calmer.

Et je me suis dit : ENCORE UN ! non pas encore un bébé, mais plutôt encore un « bébé différent ».

naissancebis Je suis alors tout naturellement (re)devenue cette « maman continuum ».

Le maternage proximal

Je suis passée du côté obscur, celui du maternage dit « proximal » à la naissance de Mini (mon deuxième), il y a 5 ans. C’est lui qui a ouvert la porte tout en me guidant et qui m’a poussée à devenir cette « maman différente ». Je dis « différente » car quand tu passes le pas de la porte, tu deviens cette maman étrange, bizarre pour la plupart, une espèce assez rare. Les gens pensent que tu es devenue une sorte d’esclave de ton bébé ou que tu ne sais vraiment pas t’y prendre avec lui.

Le maternage proximal c’est cette philosophie de vie qui consiste à répondre au mieux aux besoins de l’enfant afin de créer un lien très fort entre le bébé et ses parents. Généralement cela commence par l’envie d’accoucher naturellement puis un allaitement long et à la demande, le portage intensif mais aussi le cododo, l’hygiène naturelle infantile (HNI), la diversification menée par l’enfant (la DME), l’éducation non-violente ou encore l’utilisation de couches lavables. Parmi ces pratiques, les seules qui ne m’ont pas attirée sont l’HNI et la DME, et oui je ne suis pas une vraie de vraie, une adepte 100% !

Le concept du continuum

La lecture du livre de Jean Liedloff, « Le Concept du Continuum : à la recherche du bonheur perdu » m’a permis de mieux comprendre cette transformation en « maman continuum ».

« L’auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu’à ce que l’enfant s’en détache tout seul de manière confiante » (source Wikipédia)

J’ai compris beaucoup de choses en lisant ce livre et notamment le besoin du bébé d’être au contact permanent de sa mère dès la naissance et pendant les quelques mois qui suivent.

Selon l’auteur, nous utilisons trop notre intellect lors des premiers mois de vie de l’enfant. Nous écoutons les conseils des uns et des autres plutôt que de se fier à notre instinct de mère (lorsque bébé pleure par exemple). Le continuum n’est donc pas respecté ce qui empêcherait un développement physique, mental et émotionnel optimal.

Sa théorie se base sur son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus dont les membres étaient particulièrement joyeux, calmes et épanouis. En les observant, elle remarqua que les bébés de ces tribus étaient en contact physique constant avec leur mère : ils dorment dans le lit des parents, ils sont allaités à la demande dès les moindres signaux corporels, ils sont constamment portés dans les bras (ce qui leur permet d’observer, d’être nourri ou encore de dormir) pendant que leurs mères vaquent à leurs occupations et ce jusqu’à ce que les bébés commencent à ramper (vers 6/8 mois) et qu’ils ressentent le besoin de partir à la découverte du monde.

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Rouvrir les portes de la bienveillance…

Il y a la réalité de ma vie et il y a celle dont je rêverais. Entre les deux parfois il y a un fossé, un gouffre même.

Il y a mon cheminement vers la bienveillance depuis presque 5 ans et il y a cet énervement et cette impatience depuis 5 mois.

Pourquoi est-ce si difficile? Pourquoi n’est-ce pas naturel ?

Pourquoi dois-je lutter contre moi-même ?

Est-ce le manque de sommeil, la fatigue qui m’empêche de rester sur ce chemin ?

Il y a bientôt 5 ans, j’ai mis au monde un B.A.B.I., un petit être super exigeant qui m’a guidé dans le monde du maternage et de la bienveillance. Ce fut une révélation pour moi, j’ai cherché à tout prix à devenir ce parent bienveillant, ce parent qui sait comment s’y prendre avec ses enfants, qui sait gérer les crises, qui tient compte des émotions, qui prend le temps, qui explique. Celui qui ne punit pas, celui qui ne crie pas, celui qui ne menace pas et qui ne fait pas de chantage.

J’ai assisté à des ateliers Faber et Mazlish qui m’ont énormément appris et qui m’ont vraiment guidée sur le chemin de la communication parent/enfant, celle qui te permet d’écouter réellement ton enfant. Je me rappelle avoir eu cette sensation d’être enfin le parent que je voulais être, j’étais bien, en harmonie avec moi-même et avec ma famille. Bien sûr il y avait des hauts et des bas, des « je-ne-sais-plus-faire », mais je me replongeais dans les bouquins et c’était reparti !

Depuis la naissance de mon troisième, j’ai l’impression que j’ai tout oublié, que la bienveillance est loin derrière moi. Je suis rapidement énervée, débordée, je ne supporte rien. Les cris sont revenus, les punitions aussi, le chantage (si tu ne fais pas ça, tu n’auras pas…) même si ça n’a aucun effet sur eux. D’ailleurs Mini est INFERNAL ! Il crie, tape, nous défie, nous pousse à bout. Il est devenu cet enfant difficile, limite hyperactif. Chaque jour je me dis que c’est n’importe quoi, que c’est nul, que je sais faire autrement. Je me vois être la mère que je déteste être. Je suis capable d’analyser chaque parole, chaque action en me disant comment j’aurais pu faire autrement mais dans ma tête seulement et après coup.

Mais pourquoi chaque jour je n’arrive pas à reprendre le bon chemin ?

Pourquoi je vois que je fais fausse route mais je n’arrive pas à prendre le virage du changement ?

Un jour, désespérée, les larmes aux yeux, je dis à Mini : « mais qu’est-ce qu’il faut faire Eliott ? j’avoue que je ne sais plus… »

Il m’a répondu tout naturellement : « il faut que tu joues avec moi ».

La voilà la clé, il me l’a donnée, tout simplement. Mini agit comme cela parce qu’il cherche mon attention, celle trop accaparée par son petit frère et les tâches de la maison. Il veut que je passe plus de temps avec lui, plus de temps de jeux. Il a du mal à trouver sa place, Mini n’est ni le grand ni le petit, c’est le moyen. Encore trop petit pour faire comme son grand frère de 11 ans mais trop grand pour faire comme son petit frère de 5 mois. Et c’est un moyen/grand-frère au grand cœur qui ne demande que de l’attention et beaucoup d’amour.

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5 mois, toi et moi

Hier tu as eu 5 mois, déjà !

Je n’aurais jamais pensé dire ce mot un jour…

« déjà »

jusqu’à présent j’étais plutôt dans le

« seulement » (voir mon article Vivement que tu grandisses…).

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3 premiers mois difficiles, TOI qui souffrait, MOI qui ne supportait pas de te voir souffrir.

Depuis 5 mois, TOI tu alternes les bons comme les mauvais jours, MOI j’alterne les hauts et les bas.

Dans les mauvais jours, TOI tu passes des heures à hurler, MOI des heures à pleurer.

Car tu as toujours ce foutu RGO qui nous pourri la vie à TOI et à MOI !

TOI tu détestes toujours autant la voiture, MOI je ne sors quasiment plus de chez moi.

Dans ta poussette de compèt’ TOI tu ne t’y sens pas vraiment à l’aise, MOI j’aimerais tant faire de longues balades !

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Le transat ce n’est pas pour TOI, alors MOI je suis devenue hyper musclée des bras.

Dans les bons jours, TOI tu te réveilles en souriant, tout calme dans ton lit,

MOI je t’observe attendrie ayant passée une bonne nuit.

TOI tu appelles déjà tes frères avec des « hey, hey » mais surtout avec ton regard et MOI je fonds devant cette complicité naissance.

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Chaque jour devient une occasion de faire des découvertes pour TOI

jouer avec tes mains

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attraper tes pieds

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faire des bulles avec ta bouche

te balancer sur ton transat en agitant tes pieds et tes mains

faire des rouler-bouler, des dos-ventre

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prendre tes premières cuillères de purées

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MOI je m’émerveille de tes premières fois.

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TOI ce que tu préfères c’est être tout contre MOI, là tu retrouves ton sourire et ta sérénité

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Hier, TOI tu as eu 5 mois (et 1 dent !)

5 moiset depuis MOI je compte les jours qui me séparent de TOI car dans 1 mois…

il n’y aura plus de siestes lovées contre moi…

il n’y aura plus de tétées-dodo, de tétées-plaisir, de tétées-bobo…

il n’y aura plus de TOI et MOI,

il y aura TOI et nounou et MOI et le boulot.

J’ai le cœur serré de devoir DEJA te laisser, tu auras SEULEMENT 6 petits mois.

Et le temps est passé si vite finalement…

 

Le 10ème mois, pour le meilleur ou pour le pire ?

La période du post partum va de la fin de l’accouchement jusqu’au retour de couches. C’est une période souvent destabilisante avec beaucoup de chamboulements aussi bien physiques que psychiques. Le post-partum est donc une période où il y a de fortes chances que la toute nouvelle maman soit confrontée à des difficultés liées à la perte de tous ses repères. Et ces complications n’arrivent pas que lors du premier enfant.

Tu as d’ailleurs certainement pu lire mes différents articles à ce sujet (Vivement que tu grandissesAvoir un bébé RGO, qu’est-ce que ça change ?, Celle qui s’invite après la naissance) et oui ça arrive même pour un troisième bébé !

Le 10ème mois c’est souvent là que tout se complique. Tu crois que tu as fait le plus difficile, tu as mené ton bébé à terme le plus souvent, tu as fait beaucoup de sacrifices pendant ta grossesse :

tu as peut-être été obligée d’arrêter de manger des bons gâteaux et de la pâte à tartiner à cause du diabète,

mais aussi les bons fromages de ferme et la bonne charcuterie, trop dangereux,

tu as peut-être dû squatter le canapé pendant de longues semaines pour garder ton bébé bien au chaud,

et quelques semaines avant la fin peut-être que ta jolie peau de bébé s’est transformée en peau de mémé toute ridée, et j’en passe…

alors sérieux le jour de l’accouchement c’est censé être la délivrance quoi !

C’est vraiment ce que je croyais…

Revenons sur ma troisième et dernière grossesse…

Après avoir été alitée pendant de longs mois pour un risque de MAP (menace d’accouchement prématuré), je pensais qu’une fois que j’aurais accouché j’allais enfin pouvoir revivre. Sortir dehors, me baigner à la piscine, faire une promenade en vélo avec les grands, aller faire du shopping ou manger au restaurant…reprendre une vie normale en quelque sorte !

C’était sans compter un accouchement très long (17h pour un troisième ! si, si !), une grosse perte musculaire liée à mon alitement et pour couronner le tout LA CANICULE !

Mon petit papillon est né le 01 juillet 2015, en plein dedans ! Les premiers jours à la maternité ont été un enfer, pas de clim ! Déjà que mon petit bébé se réveillait pour manger dans la nuit, impossible de me rendormir entre les tétées tellement je suffoquais, il n’y avait pas d’air ! J’avais hâte de rentrer à la maison…

Mais le retour à la maison fût du même ordre, une chaleur à crever. Alors on passait nos journées les volets fermés pour essayer de garder la maison au frais. Impossible de sortir, on était confinés à cinq dans le noir, transpirant à grosses gouttes. Comment occuper les enfants des journées entières dans ce contexte avec un bébé qui passait son temps à pleurer tellement lui aussi devait être mal.

Et là ce fût la descente aux enfers…

J’étais énervée, fatiguée, vidée…

Vide à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est la première fois que je ressentais ce vide lié à la perte de mon gros bidou. J’ai pourtant vécu une grossesse très difficile. Au 5ème mois on m’avait annoncé une éventuelle malformation au niveau de l’œsophage de mon bébé puis j’ai dû rester alitée car mon col était trop court. Je n’ai pu me lever qu’à partir de la 38ème semaine de grossesse soit 2 semaines avant d’accoucher. Je n’avais tellement pas l’habitude de porter mon gros ventre que rester debout était quasiment impossible mais j’étais sereine, apaisée, la prématurité était derrière nous. Avec le recul je pense que c’est pour ça que l’accouchement a été si long. Je crois que je ne voulais pas accoucher, j’étais bien enceinte. Je voulais encore profiter de cet état de plénitude, de ces derniers moments de grossesse, de ma dernière grossesse. Je regarde d’ailleurs encore mes photos de grossesse avec nostalgie.

Ce vide s’est aussi manifesté de l’intérieur se traduisant par la sensation d’être seule. Pourtant mon mari était en congés et les enfants à la maison. Malgré tout je ressentais un manque terrible. Je n’arrêtais pas de dire à mon mari et à mes enfants qu’ils me manquaient, en pleurant toutes les larmes de mon corps. J’ai pleuré tous les jours, plusieurs fois par jour avec cette drôle de sensation au creux du ventre.

15 jours sont passés et aucune amélioration. Chaque jour j’allais un peu plus mal. La nourriture ne passait plus et puis de toutes façons je n’avais pas faim ni vraiment le temps de manger. J’ai perdu mes 12 kgs pris pendant la grossesse pendant ces premières semaines. J’ai commencé à m’inquiéter, les personnes autour de moi aussi je pense mais sans m’apporter de réelles solutions. Je ne pouvais pas vraiment leur parler de mes vrais sentiments car ils n’auraient pas compris. Parce que la phrase qui revenaient sans cesse dans ma tête c’était

« mais pourquoi on a fait un troisième enfant ? ».

Oui je ressentais cette perte de repère, ce déséquilibre familial. Avant on était quatre, c’était simple. Mini passait beaucoup de temps avec moi, on était très fusionnels et mon grand fantastique était très proche de son papa avec leur passion commune, le foot. Et puis comme ça du jour au lendemain, on est passé à cinq, un de plus, un petit être qui a pris beaucoup de place…dans mon cœur bien sûr mais aussi dans mon espace temps. Plus le temps de…RIEN !

Pendant ses deux premiers mois de vie, j’ai l’impression que je ne l’ai entendu que pleurer, que dis-je hurler, hurler de douleurs. Coliques, RGO…je n’ai pas vraiment su finalement…En tout cas, je ne supportais pas ses cris, un sentiment étrange me montait à chaque fois qu’il démarrait une crise, un mélange de peur et d’angoisse qui m’empêchait de prendre les choses avec du recul, de gérer ses pleurs avec calme. Mon homme a été d’une grande aide car il a vraiment bien géré en s’occupant de lui dans ces moments-là. D’ailleurs il ne s’apaisait qu’avec son papa, ce qui a renforcé mon sentiment de mère incompétente j’avoue !

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Entre la canicule, les crises de petit papillon et mes pleurs incessants, la situation était devenue ingérable. Nous avons décidé de partir en vacances, en dernière minute et nous avons emmené mes beaux-parents pour avoir du soutien et pour que je puisse me remettre rapidement sur pied.

Je pense que c’est ce qui nous a sauvés, être aidés pour passer le cap. Prendre du temps pour soi, pour se reposer, sentir qu’on s’intéresse à toi et à ton état et pas qu’à ton bébé.

Alors plutôt que de dire à une jeune maman qu’elle a vraiment une sale tête ou si elle est certaine que son lait est nourrissant ou encore lui dire qu’elle va donner des mauvaises habitudes à son bébé…

Tendez-lui la main, proposez-lui votre aide, soyez à l’écoute…

Parce que le 10ème mois c’est bien le mois où la maman et plus généralement la famille qui s’agrandit a le plus besoin de soutien et d’écoute.

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Celle qui s’invite après la naissance…le 10ème mois

A chaque fois, ELLE vient me rendre visite après la naissance,

3 fois qu’elle débarque comme ça sans prévenir…

Je ne l’invite pas, ELLE rentre, s’installe et fait comme chez ELLE.

Ca m’énerve mais bon je la connais depuis longtemps…

 

Je l’ai connue très jeune, j’avais 18 ans.

J’étais au lycée, en terminale plus exactement, l’année du BAC, une année importante.

J’aurais aimé ne jamais croiser son chemin…

La toute première fois que je l’ai vue c’était en boîte de nuit, un samedi soir.

Je m’en souviens comme si c’était hier, une rencontre inattendue et surprenante.

ELLE m’a suivie au lycée pendant toute l’année, m’empêchant de suivre les cours correctement.

Souvent j’étais obligée de sortir de classe à cause d’ELLE, j’avais besoin d’air, besoin de m’éloigner d’ELLE.

Le soir, à la tombée de la nuit, ELLE revenait encore, m’empêchant de manger ou de dormir,

trop présente, trop distrayante, trop attachée à moi…

J’ai mis du temps avant de comprendre qu’il fallait que je m’éloigne d’ELLE pour aller mieux,

j’ai dû me battre de toutes mes forces pour passer au-dessus d’ELLE et j’ai fini par réussir.

J’ai eu mon BAC avec mention, je l’ai battue après une année de galère.

ELLE s’est en allée…

 

Mais quelques années plus tard, quand ELLE a su que j’avais accouché d’un petit garçon prématuré,

ELLE est revenue.

Peut-être qu’ELLE se faisait trop de souci pour moi…

ELLE a trouvé sa place tout doucement, m’empêchant de vivre normalement.

Sa petite voix qui me chuchotait à longueur de journée que je n’étais pas capable de m’occuper de ce bébé,

que j’étais trop jeune et que c’était de ma faute s’il était né avant terme.

Petit à petit, j’ai perdu confiance en moi et j’ai sombré.

On m’a aidée quand je ne tenais pas debout après des nuits presque entières sans sommeil,

Ma famille était là, m’a soutenue, épaulée.

Quand ELLE s’est rendu-compte qu’ELLE ne pouvait pas rivaliser,

ELLE est repartie…

 

7 ans après, à la naissance de mon deuxième enfant, j’ai cru qu’ELLE ne viendrait pas.

J’étais soulagée mais avec un BABI (bébé aux besoins intenses) qui souffrait d’un RGO,

ELLE a débarqué au bout de quelques mois, pas pour me soulager, pas pour m’aider, NON…

Pour m’enfoncer chaque jour un peu plus, pour me mettre en colère, pour me montrer à quel point je faisais fausse route.

Visuel 3Le maternage proximal ?!? c’est génial mais je me suis oubliée au passage.

Perte de poids, crises de nerfs, troubles du sommeil, j’étais devenue une maman zombie.

Je pense qu’ELLE a dû bien rigoler en se disant qu’ELLE avait raison, qu’être auprès d’ELLE était la meilleure solution.

Je n’ai pas fait attention à ELLE, je n’ai pas voulu la voir et avec le recul je me dis qu’ELLE a été très maligne.

ELLE s’est introduit très sournoisement dans ma vie, faisant malgré tout des dégâts.

J’ai eu des hauts et des bas, encore une fois ma famille était là,

Visuel 5 on l’a foutue dehors…

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