Maîtresse, je voulais juste que tu saches…

Cette année…

  • j’ai entendu beaucoup de cris
  • j’ai été beaucoup puni, seul ou avec mes camarades, de récrés, de sport, d’anglais ou encore de coca-cola et de bon gâteau au chocolat parce que nous étions trop agités
  • j’ai dû rattraper des leçons, des évals, des exos à mon retour de l’orthophoniste, après avoir parcouru près d’une centaine de kilomètres alors que mes copains jouaient dans la cour
  • tu n’as pas compris ma façon de penser, de fonctionner, de raisonner
  • tu as cru que j’étais favorisé lorsque mon travail était adapté
  • tu as fermé les yeux sur des gestes et des paroles de la part de certains qui m’ont fait mal
  • tu n’as pas su gérer ces conflits où je me suis senti le seul accusé, jugé de violent et agressif
  • tu ne t’es peut-être pas posé les bonnes questions

alors je voulais juste que tu saches…

  • que tu m’as fais peur quand tu criais et je ne comprenais pas toujours pourquoi
  • que nous punir c’était la pire chose à faire puisque nous avions justement besoin de nous défouler
  • que j’adore le sport, ça me fait du  bien dans mon corps et dans ma tête alors j’étais en colère quand on ne pouvait pas y aller
  • que j’étais fatigué après une séance d’orthophonie alors j’avais juste besoin d’une pause dans cette longue journée
  • que je suis un petit garçon intelligent mais que mon cerveau ne fonctionne pas comme les autres
  • que j’ai besoin que mon travail soit adapté pour être simplement à égalité avec les autres
  • que tu t’ais trompé à mon sujet, je ne suis pas méchant, juste un enfant en colère qui ne s’est pas senti écouté
  • qu’on aurait pu t’aider

Bien sûr je ne t’en veux pas, tu n’y es pour rien.

Tu ne connais pas mon handicap, c’est compliqué et en plus il ne se voit pas.

Pourtant maman a essayé de t’expliquer…

Alors je sais que je t’ai fait le plus le plus beau des cadeaux en cette fin d’année :

PARTIR…

pour aller où ?

là où le mot BIENVEILLANCE prendra tout son sens.

 

aurevoir

Ton élève dysférrent

Le diagnostic, ce mot qui fait peur…

Le diagnostic, ce mot qui fait peur…

Personne n’est prêt à entendre un diagnostic sur sa propre personne et encore moins sur celle de son enfant, de sa chair. C’est un véritable choc !

Le choc de l’annonce du diagnostic

Le diagnostic c’est le moment où tout s’écroule, où tu perds complètement tes repères. Même si tu te doutes que quelque chose ne va pas chez ton enfant, mettre un mot et surtout un nom revient à mettre fin à l’enfant « normal », l’enfant idéal avec toutes ses conséquences.  Pour certains cela peut être un grand soulagement pour d’autres un grand tsunami qui ravage tout sur son passage.

Parfois la négation…

On te donne la clé, on t’aide à ouvrir la porte et ensuite c’est à toi de voir ce que tu veux en faire. Certains voudront refermer cette porte à tout prix car ce n’est pas possible, c’est trop difficile à supporter. Ils n’ont pas envie de voir ce qui se cache derrière car c’est angoissant.

Des émotions intenses

Puis on réalise petit à petit ce qui se passe et on se sent impuissant, triste parfois même en colère. On part à la recherche des causes, on se dit qu’il y a forcément une raison, qu’on a certainement fait quelque chose de mal à un moment donné alors on culpabilise. On pense qu’on n’arrivera jamais à surmonter tout ça, le regard des autres, celui de la société toute entière, l’incompréhension de la famille. On croit qu’on n’arrivera jamais à s’adapter à cette situation alors on voit tout en noir.

L’adaptation

Commence alors tout un cheminement, tout ne se fait pas du jour au lendemain. Un processus d’adaptation se met progressivement en place, tu dois t’adapter à cette nouvelle vie, tu n’as pas le choix de toutes façons. Il faut apprendre à vivre avec ce diagnostic, puis savoir quoi en faire, l’étudier à fond pour l’apprivoiser aussi bien que les médecins. L’anxiété s’apaise, les émotions sont moins intenses. On puise dans nos forces et nos ressources personnelles pour faire face à la situation. Notre confiance en l’avenir et en notre enfant renaît. On voit en lui des forces et non plus des faiblesses. On positive le handicap et on fait en sorte de l’aider du mieux que l’on peut, de trouver toutes les solutions pour le soulager. Il y aura des hauts et des bas et il est nécessaire de s’entourer des bonnes personnes, de celles qui vous soutiennent vraiment et qui comprennent.

diagnostic

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