La grossesse, cette parenthèse dans le temps…

A chacune de mes grossesses la nature m’a rappelée à l’ordre comme si elle me disait :

« ralentis le rythme, prends le temps, profite »

corps rond de femme enceinte

A chaque fois une grosse prise de conscience de la vie que je mène, une vie à cent à l’heure, une vie que je ne prends plus le temps d’apprécier tellement elle défile sans même m’en rendre-compte. Une vie où je pense toujours à l’avenir, avec ses gros doutes et ses angoisses, plutôt que de vivre dans le présent et de profiter des moments qui s’offrent à moi. Le bruit de mes pensées m’empêche d’entendre et de voir, parfois je suis comme aveuglée.

Quand on est trop dans nos pensées, on ne voit plus ce qu’il y a autour de nous, on n’écoute plus et on ne sent plus rien. C’est comme si on se débranchait de nous-mêmes. Or les pensées ne sont pas la réalité. Quand nous sommes dans nos pensées, nous sommes comme dans un film mais nous ne sommes pas dans la vie.

Tuer le temps ou prendre le temps ?

Quand on doit rester couché la plupart de sa journée, on a le le temps et on a le choix entre tuer le temps ou prendre le temps. Et c’est complètement différent…

Tuer le temps : est une expression qui signifie tenter de s’occuper pour ne pas s’ennuyer, cela revient à chercher la moindre activité, occupation sans réel intérêt destinée à faire passer plus vite le temps. Cela nous empêche parfois de trop penser et d’être confronté à la réalité. S’évader avec un livre, s’abrutir devant la télé, regarder son téléphone toutes les 5 minutes, communiquer virtuellement…c’est ce que j’ai fait pendant de longues semaines tout en étant frustrée de ne pouvoir faire que ça, allongée dans mon lit ou sur mon canapé, moi l’hyperactive qui a besoin de faire cinquante choses à la fois !

Pourquoi chercher à tuer le temps ? parce qu’être seul avec soi-même est la pire des choses ! Nous avons besoin de nous occuper à toutes sortes de choses, des occupations physiques, intellectuelles, pour éviter de nous interroger sur nous-mêmes, notre vie, le sens de notre existence. Tuer le temps c’est comme fuir notre existence.

Malgré tous mes efforts pour tuer le temps, les secondes me paraissaient des minutes, les minutes, des heures et les heures, des jours. Sans parler de mes pensées négatives qui surgissaient au beau milieu de ces activités, des pensées liées au passé et à l’avenir, avenir plein de doutes pour la santé de mon bébé.

Nous ne nous tenons jamais au présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt, Les Pensées de Blaise Pascal.

Alors un jour je me suis dit tu as le choix, soit tu continues à chercher à tuer le temps et donc à être frustrée et mal dans ta peau soit tu prends le temps, tout simplement, tu t’inscris dans le présent, tu profites et tu participes à ton équilibre émotionnel.

L’influence de l’état émotionnel de la mère sur l’enfant n’est plus à prouver. « La mère transmet à son enfant ce qu’elle est, ce qu’elle vit et tout ce qu’elle ressent, ses stress comme ses joies » nous explique Sophie Metthey dans son excellent ouvrage qui ne me quitte plus,

Vivre et transmettre le meilleur pendant sa grossesse : De l’importance de la vie intra-utérine dans l’épanouissement de l’enfantaux Editions Le Souffe D’Or

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